Études supérieures: Cours 2004-2005

Cours de littérature

FR515a: « Questions de littérarité:  le texte et ses contextes » (Séminaire de méthodologie); Marilyn Randall
"Le texte ne naît pas littéraire, il le devient", pour paraphraser Simone de Beauvoir.  Ce cours présentera un survol des principaux lieux et approches de la définition du texte littéraire dans la tradition française du 20ème siècle.  Le cours sera centré sur la notion de la littérarité et les diverses tentatives de raisonner sur sa spécificité textuelle.  Nous verrons une évolution qui fait déplacer la source d'intérêt et d'autorité littéraires depuis l'auteur, jusqu'au texte, au lecteur et finalement au contexte environnant de production et de réception. Le cours privilégiera deux axes essentiels, ceux de la signification intrinsèque et de la signification extrinsèque, pour finalement traiter d'approches qui visent à intégrer dans la mesure du possible une grande variété de déterminants. A la question de savoir ce que signifie le texte, s'ajoute celle de savoir comment elle signifie.

FR729a: « La poétique du témoignage: représentations de la Saint-Barthélémy »; John Nassichuk 

Ce séminaire examinera la représentation littéraire du massacre des Protestants de Paris, événement qui, peu avant la fin du règne de Charles IX, marqua l’apogée violente des Guerres de Religion. Matière de polémiques et de légendes sempiternelles, la Saint-Barthélémy suscite encore débat, explication et réécriture (sinon apologie). Tout en privilégiant les textes et documents qui témoignent de la genèse politique du massacre et de la réaction littéraire qu’il appela, nous regarderons aussi certains œuvres romanesques modernes qui la mettent en scène (notamment le roman de Prosper Mérimée, Le règne de Charles IX ).  

A cause de la  délimitation stricte de son corpus, ce cours se peut facilement concevoir comme une introduction à l’étude de la Renaissance et ne requiert aucune connaissance spécialisée préalable, ni de l’histoire, ni de la littérature de l’époque. Une bibliographie de lectures facultatives sera disponible au département à partir du 1er mai 2004.                

FR744a: « Théâtre du XVIIIe siècle »; Servanne Woodward 

Ferdinand Brunetière a décrit les "époques du théâtre français," étudiant les institutions, leurs luttes compétitives, leurs publics, et l'influence du développement économique et social sur l'évolution des productions théâtrales du dix-huitième siècle. Le siècle est fertile en controverses touchant les intérêts personnels. Comme Lully avait changé de bâtiment avec la troupe de Molière pour s'emparer du théâtre du Palais Royal, entrant en compétition directe avec la Comédie Française, cette dernière avait fait fermer le théâtre de la foire (1710) parce qu'elle y perdait des clients. Elle devait produire des vaudeville pour rivaliser avec les forains. Entretemps, l'Académie de Musique affirmait son privilège musical pour empêcher les forains de chanter. Les forains durent utiliser des pancartes pour faire chanter le public qui disait ainsi le texte de la pantomime présentée. L'initiative du Comte de Lauraguais qui a libéré la scène des sièges de spectateurs (1759), a permis au jeu des comédiens de se développer puisqu'ils pouvaient alors se déplacer sans encombre. Les sièges fournis au parterre, qui jusqu'à présent voyait les représentations debout, les rendirent plus patients et surtout ils contribuèrent à limiter le mouvement des spectateurs (1782).

Nous examinerons ce type d'influence (les salles; l'architecture–les forains, les Italiens, la Comédie Française) sur la production du siècle, ainsi que les changements de sensibilité donnant naissance à de nouveaux genres (dont le drame ou comédie sérieuse), à des tragédies "à l'anglaise" Crébillon père, au renouvellement des thèmes tragiques (par la Bible, par exemple, avec Voltaire).

FR759a: « Le Québécois et son double : Aquin / Robin »; Tony Purdy  

« À une époque où tout se termine ou s'est déjà terminé (fin de l'histoire, mort des genres, fin de la modernité, mort des idéologies, du marxisme, du nationalisme–la liste des éloges funèbres paraissant interminable), ne peut-on se résoudre à une clôture de plus, à un autre crépuscule:  la fin de la littérature québécoise?  Ce qui, naturellement, signifierait non pas sa pure abolition dans le néant mais plutôt le fait que cette appellation ne recouvre plus rien d'essentiel ou de substantiel, et qui pourrait nous entraîner à parler désormais, avec un certain à-propos, d'une littérature post-québécoise. »

Telle est la question posée, avec un certain à-propos, il y a quinze ans par Pierre Nepveu dans son Écologie du réel. Toujours actuelle, elle animera la réflexion de ce cours qui portera sur les rapports complexes s’établissant entre deux moments de l’histoire littéraire du Québec. Dans un premier temps, une analyse de quelques romans et essais d’Hubert Aquin nous permettra d’élaborer une poétique du texte national des années 60-70. Dans un deuxième temps, on se penchera sur les essais et les biofictions de Régine Robin pour explorer les paradigmes, les enjeux, les tactiques du post-national et de l’interculturel qui émergent au cours des années 80-90.

FR793b: « Littérature et psychanalyse »; Clive Thomson

Freud avait des connaissances très détaillées d'un grand nombre de textes littéraires. Il se faisait un plaisir de citer surtout les poètes quand il avait besoin d’illustrer ses théories psychanalytiques. Hamlet, par exemple, représente un des plus grands "dépressifs" (ou mélancoliques) de la littérature occidentale. D’où les questions posées par certains commentateurs depuis presqu’un siècle maintenant: Freud est-il essentiellement poète ou homme de science? La psychanalyse est-elle une «ars poetica» ou une méthode (clinique)? L’objectif de notre cours est, dans un premier temps, de donner une introduction générale à l’oeuvre de Freud et d’étudier plus particulièrement les différents «usages» que Freud fait de la littérature. Ensuite, nous verrons le rôle que joue la littérature dans l’oeuvre de certains psychanalystes, et, alternativement, le rôle que joue la psychanalyse dans l’oeuvre de certains écrivains. Julia Kristeva, qui fut d’abord professeure de littérature avant d’être analyste et écrivaine, affirme, dans un entretien où elle explique comment elle est devenue analyste, que c’est la notion de transfert en psychanalyse qui a attiré son attention. Elle avait l’intuition que le transfert (psychanalytique) avait du potentiel dans le champ littéraire. Lacan et Foucault sont d’autres «cas» que nous allons examiner dans notre cours. En somme, le sujet du cours est le rapport entre littérature et psychanalyse.

FR787b: « Mémoire et authenticité: le témoignage questionné »; Alain Goldschläger

En prenant des exemples de textes de survivants de l'Holocauste, nous nous pencherons sur la question de la possibilité de rapporter le passé sans le déformer. La volonté expresse du conteur de dire son expérience rencontre les obstacles que le temps dresse devant elle.  S'engage alors un dialogue entre l'auteur et sa propre mémoire pour retrouver l'authentique de la situation décrite et le vrai de l'expérience individuelle et communautaire. C'est ce questionnement que nous voudrions analyser, en tracer les limites et en souligner les problèmes au niveau de l'écriture car le récit devient souvent alors un large questionnement sur l'écrit et son pouvoir d'évocation. Nous serons aussi amené à considérer la variation entre texte oral et texte écrit.

FR794b: « Fête et littérature »; Daniel Vaillancourt

Prenant appui sur l’usage des espaces publics et de leurs représentations littéraires, on aimerait dans le cadre de ce séminaire parcourir, de manière transséculaire un certain nombre de lieux festifs : que ce soit la foire des poésies burlesques (Scarron), l’Abbaye de Thélème dans Rabelais, les villes lors des entrées royales ou encore les lieux de la dépense chez Bataille, la fête, celle des mots, des espaces et des personnages, suppose à la fois une pragmatique du langage (un dire orienté sur un faire, la carnavalisation bakhtinienne), une notion du lieu comme espace circonstancié et marqué (Turner, Goffman, Certeau), et une conception de la communauté.  Nous étudierons, à l’aide de discours littéraires et non-littéraires, ces trois dimensions du festif afin d’élucider les contraintes de leurs mises en représentation.

 

Cours de linguistique

FR823a: « Morphosyntaxe » David Heap  

Ce cours familiarisera les étudiant.e.s avec différentes approches théoriques à l’interface entre la morphologie et la syntaxe. Nous considérerons quelques phénomènes majeurs (p. ex. les accords verbaux et pronominaux, le placement et les séquences des pronoms clitiques, la nature des paradigmes) à travers des données du français et d’autres langues, surtout les variétés romanes non standard. Les étudiant.e.s plus avancé.e.s seront encouragé.e.s à explorer des cadres théoriques récents, tels la Morphologie Distribuée, la Théorie de l’Optimalité ou la Géométrie des Traits. (Le cours consistera, normalement, en deux séminaires de trois heures par semaine pendant six semaines, en fonction de la disponibilité de tout le monde; je serai absent de London pendant certaines semaines, qu’on récupéra à la fin du cours en juin).

 

FR808a: « Seminar in Sociolinguistics »; Jeff Tennant

This course offers students the opportunity to explore the research literature on a range of topics related to the study of language and society, including sociolinguistic theory and research methodology, the ethnography of speaking, the role of social variables (such as age, socio-economic status and sex/gender) in language variation and change, bilingualism and language contact, and language policy and planning. Students will be encouraged to carry out an empirical analysis of a set of language data as part of their course project. The concepts studied will be illustrated using examples drawn from various languages, but the primary focus will be on sociolinguistic aspects of French, Spanish and English. The language of instruction will be English, however the graduate program in which a student is enrolled may require that she or he submit all written work in French or in Spanish. Where the student’s program imposes no such requirement, the student may choose to write in any of these three languages.

FR814a: « Les langues minoritaires »; Shelley Taylor 

Dans ce cours, on étudiera les langues minoritaires du point de vue linguistique, social et politique.  La première partie du cours sera consacrée à une examination du traitement des langues minoritaires en milieu scolaire. Nous verrons la variété de structures qui peuvent être mises en place dans ce contexte et comment elles peuvent aider ou nuire au développement de la compétence linguistique. Nous verrons aussi le rôle des croyances du groupe dominant et leur réflexion dans des structures pédagogiques dont le résultat est soit le maintien, soit la mort, d’une langue minoritaire.

Dans la deuxième partie du cours, on verra l’aménagement linguistique en pratique en milieu scolaire dans des contextes internationaux. Ainsi verra-t-on les maintes façons qu’une société peut choisir de répondre aux besoins linguistiques des populations minoritaires. On verra sur quoi débouche, dans la mise en pratique, les théories de la linguistique pédagogique, du maintien et l’acquisition d’une langue, du rapport langue-pouvoir, etc. La dernière partie du cours examinera les droits humains d’ordre linguistique et les pratiques au mépris de ces droits.

Pour ce faire, nous examinerons des études de cas spécifiques pour comparer les pratiques variées qui peuvent exister de pays en pays, de province en province, voire même d’école en école.

FR806a: « L’évolution de la structure de la phrase »; Ileana Paul 

Au cours des dernières années, la théorie chomskienne a vécu une explosion dans le nombre et le type de projections présentes dans une phrase. Ce cours examinera l’évolution de la phrase: de la théorie X-barre à la théorie minimaliste, en passant par l’émergence des projections fonctionnelles. Les arguments théoriques et empiriques pour la présence de ces projections seront évalués. Nous examinerons la structure de la phrase (Ph) et aussi des syntagmes en particulier (p.ex. DP)

FR812b: Argumentation et analyse en linguistique »; Jacques Lamarche
Ce cours vise à introduire les étudiant.e.s à la problématique de l'analyse et de l'argumentation en linguistique. À partir de l’étude d’articles portant sur des faits du français (et parfois d'autres langues), l'étudiant.e est amené.e à faire ressortir les bases de l’analyse linguistique, et à mettre en évidence les notions centrales à toute entreprise scientifique : Qu'est-ce qu'un fait empirique? Qu'est-ce qu'une théorie? Qu'est-ce qu'une hypothèse? Pourquoi le fait X est-il un contre-exemple à l'hypothèse Y? Comment choisir entre deux hypothèses concurrentes? etc. Cette démarche permet d'exposer les étudiant.e.s à certains des débats qui ont façonné l'analyse grammaticale depuis les années 60, et de présenter certaines perspectives opposées qui ont émergé de ces débats.

Ce cours ne demande aucune formation préalable en linguistique. Les concepts théoriques qui sont nécessaires à la compréhension des différents problèmes sont présentés au fur et à mesure du cours, et ce avec un minimum de formalisme. Bien qu'il s'adresse aux étudiant.e.s en linguistique, il devrait aussi être utile à toute personne qui s'intéresse aux fondements de la connaissance du langage et à la notion d'argumentation en science.

FR820b: Phonologie segmentale »; François Poiré
Ce cours concerne principalement la phonologie segmentale. Après une brève révision de la phonologie linéaire, nous aborderons les notions de règles et de représentations, d'alternances et de dérivations, ainsi que la phonologie lexicale et la géométrie des traits. La dernière partie du cours introduira la notion de syllabe et son importance dans la description des phénomènes phonologiques.

FR813a:  Morphophonologie » ; David Heap
Le but de ce cours est d’explorer les différentes approches de l’interface entre la morphologie et la phonologie. Nous illustrerons les différents cadres théoriques avec des faits caractéristiques du français et d’autres langues (notamment les variétés romanes non standard), et nous comparerons les avantages et les désavantages des différentes perspectives. Les étudiant.e.s plus avancé.e.s seront encouragé.e.s à explorer des innovations théoriques récentes, tels la Théorie de l’Optimalité ou la Géométrie des Traits. 

(Le cours consistera, normalement, en deux séminaires de trois heures par semaine pendant six semaines, en fonction de la disponibilité de tout le monde; je serai absent de London pendant certaines semaines, qu’on récupéra à la fin du cours en juin).

 

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